Ce qui est relaté ci-après est un condensé de tous les documents existants ou prêtés par M. Bonneyrat-Rollin, actuel propriétaire.
¡ Extraits des manuscrits des Graves, archives départementales
¡ Journaux paroissiaux
¡ Revue horticole
¡ Archives personnelles de M. Bonneyrat-Rollin.
Madame BLANCHE Francine, Conseillère Municipale et habitante de Bazainville et Madame PICHOT Cécile habitante de Tacoignières ont fait un condensé de tous les documents référencés ci-dessus en Eté 2009 pour le présenter au Week-end du Patrimoine de Bazainville les 20 et 21 Septembre 2008.
HISTORIQUE de BAZAINVILLE
Autour du Prieuré
Le Prieuré aurait été fondé au Xème siècle par les bénédictins de l’abbaye de St Germain des prés.
En 1064, le Seigneur Geoffroy de Gometz (ayant pour neveu Amaury de Montfort), Seigneur de Béconcelles à Orgerus, possédait des terres aux alentours de Bazainville et une Propriété: le Prieuré fondé près de l’Eglise.
Vers 1090, Ce dernier, homme de guerre, partit aux croisades et fit don de sa Propriété à l’Abbaye des Bénédictins de Marmoutiers (3 kms de Tours fondée par l’évêque de Tours: St Martin en 371), et de l’Eglise Saint-Georges de Basenville (11èmeSiècle) avec toutes ses dépendances.
Les Bénédictins y resteront jusqu’à la Révolution de 1790.
L’Eglise de notre village, est placée sous le vocable de Saint-Nicolas dès le 13ème Siècle, par les moines.
En 1175, les moines Bénédictins de Bazainville reçoivent les droits que Simon de Neauphle (châtelain de Neauphle le vieux) avait sur l’Eglise, en réparation d’un meurtre dont il s’était rendu coupable sur Simon, Châtelain de Maurepas.
En 1202, Simon IV de Montfort, partant pour la Croisade, fit don au Prieuré du droit de Pêche des anguilles du Moulin de Borello puis en 1204, Amicie de Leicester, Dame de Montfort fait cession au Prieuré du droit de convertir le bois de Bazainville en terre arable, moyennant une redevance, ce manque de générosité fut corrigé par Simon, qui leur céda la suzeraineté de ce bois pour qu’ils en fissent à leur volonté, il demanda tout de même 30 livres tournois.(pièces frappées par l’atelier de Tours)
En 1220, Amicie fait abandon des droits de pâture que les moines réclament mais en échange les moines et leurs hommes devront faire corvée dans les fossés de Houdan. Cette Comtesse était bien intéressée.
Les moines sont en réalité les Seigneurs de Bazainville, aussi le Parlement accorde-t-il au Prieur, en 1269, la justice du lieu.
En 1277, Jean de Millemont confirme un don fait par sa tante Alix des Mesnils, au Prieuré, don de 4 arpents de bois pour avoir la faveur d’être enterrée devant le Prieuré.
Vers cette époque, l’Abbé de Marmoutiers Jean de Mauléon, en tournée dans la région admonesta les moines qui ne disaient pas tous les jours leur messe.
Histoire de la Famille Dumesnil de Merville
En Avril 1791, Jean Germain DUMESNIL de Merville achète le Prieuré aux moines de Bazainville.
«de Merville» est un surnom qu’a ajouté Jean-Germainà son nom au moment de son mariage.
Un peu d’histoire sur la famille DUMESNIL, avant d’arriver à 1791: Jean-Germain est issu d’une famille d’hommes de loi établie depuis deux siècles à Montfort-l’Amaury.
Monsieur Jean Germain DUMESNIL de MERVILLE (né en 1740) est issu d’un père Procureur aux sièges royaux du baillage de Montfort et plus tard receveur des domaines du roi et d’une mère, fille unique d’un chirurgien de Montfort. Son frère aîné fût contrôleur général des domaines du roi en sa province du Berry puis contrôleur et receveur général de l’administration des domaines du roi.
Les charges publiques tenues par la famille DUMESNIL appartiennent soit à la justice soit à l’administration financière. Jean Germain a eu un parcours riche:
1) la progression sous l’Ancien Régime
Il a 26 ans, en 1766, il est conseiller du roi, président du Grenier à sel (gabelle = impôt par le sel) de Montfort. C’est aussi à cette époque qu’il se marie avec Jeanne Catherine MAILLIER, fille d’un échevin (conseiller municipal) de Houdan.
En 1773, il est Maire une année à Montfort-L’Amaury puis en 1778, on le retrouve avocat en Parlement et en tous les conseils du roi à Paris. En 1779, il achète une charge de Conseiller secrétaire du roi maison couronne de France et finances. Il avait un rôle important de Secrétaire et il obtient la survivance de sa charge en Avril 1779 (donner au titulaire la propriété de sa charge qu’il pouvait transmettre comme un bien meuble. Le droit de survivance a été institué par Henri 4.
Sa lettre de survivance est signée par le Roi Louis (Louis XVI). A la veille de la Révolution, les Secrétaires comme lui étaient au nombre de 730 sur toute la France.
2) la retraite sous la Révolution
L’activité d’Avocat de Jean Germain prend fin dès 1790 car la constituante remanie profondément le fonctionnement de la justice. Elle supprime d’abord certains procureurs puis certains avocats, chargés eux de plaider. A cette époque, on fait la chasse aux monopoles et aux privilèges et l’on pense que c’est un progrès de permettre à chaque citoyen de se présenter sans intermédiaire devant un tribunal.
En supprimant son activité, la Révolution dépossède aussi Jean Germain de sa charge de «Conseiller secrétaire du roi». Paris n’étant sans doute plus justifiée, il achète en Avril 1791, un bien national, le Prieuré de Bazainville et peut y résider.
Cette propriété se transforma en une agréable habitation bourgeoise. Il avait renoncé pour lui et ses successeurs à toute prétention sur la place (devant le Prieuré) ajoutant: «je la reconnais pour commune et à toujours commune».
L’Eglise dépendait du Prieuré et fut érigée en paroisse, à la dissolution de la Communauté, en 1790. La cloche de l’Eglise aurait porté le nom de Dumesnil de Merville et la tradition orale rapporte qu’elle a été fondue sur la place.
On remarque,dans la Sacristie,des tombeaux en pierre. Tout l’intérieur de l’Eglise a été remis à neuf dans les dernières années du XIXème Siècle.
Cette Eglise, de style roman, est surmontée d’un clocher couvert en «bâtière» peu habituel dans la région de Houdan.
Ce genre de clocher est fréquent dans le Vexin, en Normandie et en Picardie. L’Eglise, dépendante du Prieuré est construite dans l’esprit d’une Chapelle de Bénédictins.
Chapelle Bénédictine, elle devint Eglise Paroissiale. A ce titre, devenue propriété de la commune à la Révolution, ce monument posa des problèmes financiers dès 1816: la Fabrique de l’Eglise ayant été privée de ses ressources, par suite de la spoliation des biens ecclésiastiques à la Révolution, «avait des revenus insuffisants» de l’avis même du Conseil Municipal. Certains travaux effectués au clocher ont permis de découvrir de très intéressants détails d’architecture.
3) la reprise de l’ascension sous le Consulat et l’Empire
Jean Germain ayant quitté sa charge en 1790, la suppression ne dure pas et le rôle de professionnels auxiliaires de la justice apparaît à nouveau nécessaire.
En 1800, Bonaparte, 1er Consul, met en place les avoués qui tiennent le rôle des anciens procureurs. Plus tard, en 1803, l’Empereur Napoléon rétablit les avocats. Ils reprennent le nom d’avocats en 1804.
Nous retrouvons Jean Germain en Mai 1800, à 60 ans, «ancien avocat aux conseils» est un des premiers parmi les nouveaux avoués nommés par le Consulat. Il fait la promesse d’être fidèle à la Constitution. Il a exercé sa fonction d’avoué jusqu’en mai 1803. Il a ensuite démissionné en faveur de son fils Aurélien. Son épouse venait alors de mourir à Paris.
C’est à la même époque que l’on suppose (opinion de sa petite fille Catherine Angélique Dumesnil de Merville, lors de son contrat de mariage, où dans le texte Jean Germain serait désigné, en supplément des fonctions connues,«…ancien juge à la Cour de Cassation…»). Nous supposons donc qu’il aurait été juge à partir de 1803 et durant 5 à 10 ans.
4) la confirmation sous la Restauration
Une autre qualification aurait été donné à Jean Germain «Ecuyer». Ce terme serait apparu dans les archives familiales. Ecuyer est la qualification donnée aux nobles sans titre, les plus nombreux. Ainsi, Jean Germain serait devenu noble.
Par quelle procédure?
La charte octroyée par Louis XVIII en 1814 dit à propos de la noblesse: «la noblesse ancienne reprend ses titres, la nouvelle (celle de l’Empire) conserve les siens. Le roi fait des nobles à volonté, mais il ne leur accorde que des rangs et des devoirs de la société».
Par ce texte, Louis XVIII rétablit l’anoblissementsans que celui-ci soit obligatoirement lié à l’octroi d’un titre. C’est revenir à la plus ancienne coutume.
Dans le cas présent: En 1779, le roturier Jean Germain DUMESNIL de MERVILLE avait acheté un office (ou charge publique) de Conseiller, secrétaire du roi, lors de l’ancien régime. Cette charge apportait l’anoblissement après 20 ans de services. Jean Germain avait exercé une dizaine d’années (de 1779 à 1789).
A la Restauration il est dans la situation que l’on a appelé «noblesse inachevée». Louis XVIII anoblit alors un certain nombre de ces anciens officiers, mais non pas tous systématiquement. Chaque demande est étudiée en tenant compte des services passés et actuels et conduit éventuellement à un anoblissement par lettres présentes, c’est-à-dire une nomination signée du roi.
La fonction de Jean Germain à la Cour de Cassation a sans doute contribué à son anoblissement. Après Jean Germain, son fils Aurélien et son petit fils Eugène ont aussi inscrit la qualification d’écuyer ou chevalier à la suite de leur nom.
Jean Germain s’est éteint dans sa maison de Bazainville en Mai 1819. Son fils Aurélien et son petit fils Eugène ont déclaré son décès avec les titres suivants: «ancien lieutenant particulier et maire de Montfort-L’Amaury, ancien avocat aux conseils du roi et secrétaire de la Grande Chancellerie de France, ancien juge en Cassation.»
Jean Germain a eu 3 enfants: Germain Fleuri, Zoé Henriette (tout deux morts jeunes) et Aurélien né en 1772.
Aurélien, après avoir terminé ses études de droit à Paris vient rejoindre ses parents au Prieuré. Il est Garde National à Paris. Le 1er Mai 1791, il prend le commandement de la Garde Nationale de Bazainville puis de Montfort-L’Amaury.
Il connaît une jeune fille de 15 ans, habitant à Houdan et fait publier les bans à la maison commune de Bazainville et l’épouse. Son nom est Catherine Angélique LAURENT, fille de bourgeois de Houdan.
Il devient en 1794 Commissaire des Guerres dans l’Armée des Côtes de Cherbourg et de Brest, pendant 5 ans.
Le 31 Mars 1795, ils ont donné naissance à un fils Eugène.
Aurélien succède à son père en 1803 comme avocat à la Cour de Cassation. Il démissionne de cette charge en 1823 pour la laisser à son fils Eugène. Aurélien a alors 51 ans. Il habite Paris et il décède entre 1828 et 1835.
L’annuaire de l’époque nous apprend qu’Aurélien Dumesnil de Merville en 1809 est propriétaire et Maire de Bazainville.
De l’union d’Aurélien et de Catherine Angélique naissent deux enfants:
- Eugène, né à Bazainville, né en Avril 1795,
- Catherine Angélique Eugènie en Septembre 1797.
Catherine épouse en 1817 un ami de son père Casimir CHARDEL, né en 1777. Au moment de son mariage, Casimir est Juge au Tribunal de Première Instance du Département de la Seine.
Ils auront de leur union 4 filles, toutes nées à Paris. Casimir décèdera en Février 1847 à Paris. Il est alors Conseiller à la Cour de Cassation.
Eugène, en 1823, est avocat à la Cour de Cassation, il habite Paris et épouse à Montfort L’Amaury Mélanie DULIEU dont le père, en 1809, était l’un des contribuables les plus imposés de Montfort et dont la mère Geneviève PHILIPPE de la MARTELIERE possède avec sa famille les ruines du château féodal de Montfort.
Eugène est décédé en 1836, sans postérité avec les qualifications suivantes «chevalier, avocat à la Cour royale, ancien avocat aux conseils du roi et à la Cour de Cassation, membre du Conseil Municipal de Montfort-L’Amaury.»
Vers 1922, la propriétaire Mademoiselle LACROIX (descendante de la famille DUMESNIL) vend Le Prieuré à une Américaine, Miss Grâce GASSETTE qui arriva en France au début des hostilités. Cette dernière s’est mise à la disposition du service de santé pour organiser l’ambulance américaine dont les bienfaits furent innombrables.
Cette personne subventionna généreusement, au cours de la Guerre 1914-1918, les hôpitaux militaires. Elle est l’inventeur de plus de 50 appareils destinés à guider et à orienter les soins, de manière à conserver ou à rétablir la mobilité des membres blessés (Prothèses). Elle devint, après un an d’efforts, Directeur du Comité Franco-américain contre les IMPOTENCES FONCTIONNELLES. Elle a sauvé des légions de blessés durant la grande guerre.
Miss GASSETTE avait une grosse fortune et en dépensa la majeure partie pour soulager ces pauvres blessés, M. Raymond POINCARE s’est déplacé en personne au Prieuré pour lui exprimer ses remerciements. Elle n’hésita pas à hypothéquer sa demeure pour sauver un sien parent. En se privant davantage, elle put, pendant quelques années, payer les intérêts mais elle fût obligée de vendre en 1936pour payer les créanciers.
C’est Monsieur ROLLIN (père de l’actuelle propriétaire) qui acheta la propriété en 1937, il y créera un verger où seront appliquées les techniques les plus modernes de l’arboriculture fruitière.
Entre temps, La guerre 39-40 fut déclarée.
Le Prieuré fut occupé par les troupes allemandes, ne laissant à la famille ROLLIN qu’une toute petite partie de la Propriété, la Werhmacht jusqu’en 1942, puis un bataillon S.S. jusqu’en août 1944.
Dans la nuit du 4 au 5 Août 1944, la Gestapo vint arrêter à la Ferme du Franc-Moreau les résistants qui y tenaient réunion. Ces patriotes de Bazainville, Orgerus, Tacoignières, furent déportés (suite à une dénonciation locale) au nombre d’une quinzaine et la plupart périrent dans les camps de la mort. Un monument a été érigé par les 3 communes, au lieu même de cette arrestation. Ce jour de souvenirs et d’hommages est commémoré tous les ans.
Suite à cette nuit de tragédie, 2 semaines plus tard, ce fut la Libération, le 18 Août 1944, mais la veille, les troupes allemandes SS cantonnées au Prieuré incendièrent le bâtiment et les réserves de carburant, avant d’évacuer la place. L’Eglise put être préservée grâce à l’action des pompiers, aidés de toute la population.
Après l’incendie du 17 Août 1944, il ne reste qu’une petite partie du cloître, une fenêtre sculptée, le pignon de la maison actuelle, un puits, un appendice, l’allée des Angélines, l’Allée de tilleuls, l’Abies Pinsapo … visibles aujourd’hui.
Une rumeur court sur un tunnel qui aurait été creusé entre Bazainville et la Ferme de la Troche afin que les Bénédictins s’échappent du Prieuré…
La famille Rollin a continué d’habiter pendant quelques années dans les communs réaménagés par Lucien Rollin en attendant la reconstruction d’une nouvelle maison en 1968 sur l’emplacement du Prieuré et habitée aujourd’hui par la famille Bonneyrat-Rollin.
Le Parc du Prieuré
Le parc est magnifique avec diverses variétés d’arbres, certaines sont rares.
Miss GASSETTE, fit réparer les constructions et transforma le Parc en Arboretum remarquable où se trouvent quantité de plantes nouvelles ou rares: collections importantes de rhododendrons, azalées, pivoines, seringats, deutzias, cotonéaster… de plantes vivaces et bulbeuses…
En rapport suivi avec M. L. CHENAULT, amateur et multiplicateur célèbre, Miss Gassette a accumulé les espèces peu répandues et créé une propriété très intéressante à visiter pour les amateurs d’horticulture. Un nombre considérable des obtentions et des acclimatations de Léon CHENAULT sont conservées au Prieuré par Miss Gassette, qui a consacré sa Propriété au souvenir du grand horticulteur orléanais disparu.
Un certain nombre de vieux exemplaires de plantes communes sont aussi à citer à cause de leur taille ou de leur forme remarquables: un Laurier du Portugal, un Epicéa, un vieux Poirier, deux Ifs de grande dimension, une énorme boule de Lierre suspendue comme un lampadaire et la vieille allée de tilleuls qui remplace exactement la voûte ogivale des anciens cloîtres. (Extrait de la revue horticole n° 9 1934)
Enfin, le Prieuré possède aussi le sapin «Abies Pinsapo». Le spécimen garde tout son mystère car le botaniste Edmond Boissier (botaniste genevois) découvre cette espèce en 1837 en Espagne et ramène des graines qui sont semées dans des propriétés en Suisse puis en France en 1839.Ce sujet est certainement plus âgé que tous ceux plantés à cette époque. Il est probable que des moines de cette abbaye, visitant l’Espagne remarquèrent le l’Abies pinsapo et en rapportèrent des graines. Ce sujet aurait donc entre 200 et 300 ans.
SITUATIONGEOGRAPHIQUEDEBAZAINVILLE
Le village est situé à 15 kms de Montfort-L’Amaury et à 5 kms de Houdan.
Bazainville est un peu au Nord de la R.N. 12 qui relie Paris à Houdan et Dreux, et plus loin à Alençon et Brest.
A la lisière Ouest de la Forêt des 4 Piliers, un épaulement de terrain porte une Eglise.
Entre l’Eglise et la forêt s’étend le Prieuré: corps du logis et commune, parc et jardin, terres de cultures sur environ une vingtaine d’hectares.
Le village s’étend en contre-bas. Il compte vers 1791 environ 1000 habitants.
De Bazainville, le terrain descend, par une pente générale, vers le lit de la rivière VESGRE, qui coule au Sud-Nord, entoure Houdan et va se jeter dans l’Eure.
Cette vallée de l’Eure a été la voie des invasions, de la Normandie vers Chartres et la Beauce.
Elle était gardée par deux places fortes: Houdan et Dreux.
C’est au confluent de la Vesgre et de l’Eure que s’est déroulé vers 1590 la bataille d’Ivry, celle du «panache blanc».
QUELQUES ANECDOTES DE CAMPAGNE
En 1283, un Robert de Bazainville était vassal de Montfort. Le village comptait alors 1160 habitants.
En Novembre 1328, Philippe VI de Valois (roi de France) signa dans notre village des lettres d’Etat au sujet du procès entre le Comte d’Eu (en Seine maritime: dieppe) et sa femme contre le chevalier de Craon (en Mayenne) et sa femme.
Dans le milieu du XVIème Siècle, les habitants de la Paroisse adressèrent une supplique pour faire partie de la Vicomté de Paris. Cette demande fut rejetée par les commissaires de Montfort-L’Amaury.
En 1554, Jean Fouquet, laboureur, demeurant à Bazainville, fait donation à Nicolas Flèche, son neveu, écolier à l’Université, d’une terre pour qu’il puisse mieux être «entretenu es escolle».
En 1555, Louis Cosset laboureur fait une donation à sa petite fille. Les laboureurs de Bazainville étaient donc assez à l’aise au XVIème Siècle. Nous n’avons pu savoir comment les terres avaient été partagées, il n’y avait pas à Bazainville de puissants Seigneurs. Les moines défrichèrent probablement les terres avec les habitants.
Une maladrerie, établie à Bazainville en 1556, disparut vers la fin du règne de Louis XIV.
La Maison Seigneuriale était à Giboudet.
Les registres de paroisses commencent en 1679: en 1679, plusieurs décès furent dénombrés pour des personnes qui se sont arrêtées ou qui sont passées au Bœuf Couronné. En 1699, 1726 et 1728 3 personnes ont trouvé la mort en passant ou en s’arrêtant en ce lieu.
LA VIE A BAZAINVILLE VERS 1700
A Bazainvilletoutes les occupations sont rattachées à la terre, on trouve pour aider les laboureurs et les marchands-laboureurs quelques manouvriers, des journaliers et des jardiniers puis un grand nombre de bergers. Ces derniers épousent les filles de bergers ou s’allient à des familles de bergers des environs. Ils choisissent les parrains et marraines de leurs enfants dans les familles de bergers, de préférence. Quelquefois, le laboureur épouse «la bergère», il arrive aussi que le berger séduise la fille du laboureur!
On trouve dans la population, des meuniers, des vignerons. Les artisans se limitent aux tisserands, tailleurs d’habits, cordonniers, tonneliers; puis quelques rares marchands, sans spécialité.
En plein pays de culture on emploie des «couvreurs en chaume», on fait son pain chez soi mais les «chaircutiers» se trouvent en ville, à Houdan.
Vers 1700, lorsque le Seigneur du Chatelet (du cher) céda Bazainville au Seigneur de Montfort-l’Amaury, la paroisse ne comptait plus que 99 feux(environ 1000 habitants).
Le seul fonctionnaire du lieu était le Receveur de «la Prieurée de Bazainville».
De 1700 à 1727, nous avons des relevés journaliers de la Paroisse avec les noms, états-civils, descendances, les parrains, marraines…
Ces relevés nous donnent des renseignements sur la durée de la vie à cette époque. A la fin du 17ème Siècle et au 18ème Siècle, on mourrait relativement jeune mais de solides gaillards ne disparaissaient qu’après 80 ans. A la naissance, à Bazainville comme ailleurs seuls les enfants robustes survivaient. Parmi les enfants les moins résistants, nous trouvons les enfants «en nourrice».
Pour augmenter leurs maigres revenus, des femmes de journaliers, cordonniers, bergers prenaient des nourrissons qui venaient de Paris, Versailles, Saint-Germain; les parents étaient des pâtissiers, épiciers, peaussiers, bourgeois aussi. En 1708, à Bazainville, notons que les 3 triplées sont mortes le jour de leur naissance.
Rappelons aussi que beaucoup d’habitants du village étaient enterrés dans l’Eglise du lieu. Nous avons trouvé dans la région de Houdan l’existence des «Charités» (confréries dont le but principal était de rendre les derniers honneurs aux morts.). Celle de Longnes existait encore au 19èmeSiècle.
Il y avait au 18ème Siècle trois auberges et des aubergistes à une période précise.
En 1700, l’Aubergiste à Bonneavie (Bon Avis) se nomme Pierre Hue.
En 1769, l’Aubergiste du Bœuf Couronné se nomme Charpentier et celui du Lion d’Or se nomme Cornillon (maison famille Quitard). Le Lion d’Or fut relais de diligence vers 1880.
Monsieur Barbier, cultivateur au Breuil et marchand de moutons est maire le 3 Mai 1806. Il démissionne et Germain Dumesnil de Merville devint Maire. «J’ai été installé dimanche, dit-il, à la grande satisfaction des habitants de cette commune et prudemment il ajoute, s’il est permis d’en juger par les apparences.»
En 1825, il y eut quelques contestations au sujet de la place, aussi on rappela l’engagement pris par M. Dumesnil de Merville et on prouva que cette placé était bien «commune» puisque l’Arbre de la Liberté y avait été placé, ces discussions ressemblent fort à celles qu’opposèrent le Duc de Luynes de la Commune de Houdan au sujet de la Place de la Tour.
En 1833, la Commune de Houdan réclame à Bazainville un loyer arriéré du local de la Prison de Justice de Paix. Mais chaque membre du Conseil Municipal estime qu’il n’y a pas lieu d’accepter la réclamation de la ville de Houdan, vu les faibles revenus de Bazainville.
Entre 1820 et 1840 nous trouvons parmi les habitants du village des marchands colporteurs, marchands de bestiaux et des dégraisseurs de plumes de lit!
C’est en 1838 que l’on décide de l’achat d’une propriété pour y faire une école et y loger le maître. En 1848, comme partout ailleurs on cherche à donner du travail aux «pauvres valides». Il n’y a pas d’ateliers nationaux, mais des travaux à faire sur le chemin n° 4. Répercussion politique sur une petite commune. On propose d’envoyer une délégation à l’arrivée de son Altesse Impériale Louis Napoléon à Paris, mais personne ne s’est fait inscrire! Alors on se contente d’entendre sur la place de Bazainville la proclamation de l’empire après plébiscite.
Précisions sur certains points de l’historique
Un Prieuré: communauté religieuse placée sous la conduite d’un prieur. (Vient de prior en latin, veut dire premier) supérieur. Moine nommé par l’abbé.
Abbaye de Saint-Germain-des-Prés
Childebert revenant d’une expédition contre les Wisigoths rapporta d’Espagneune tunique de St Vincent et une croix d’or.St Germain alors évêque de Paris lui conseilla de construire église et monastère. En 558 l’abbaye s’appelle St Vincent et sainte croix jusqu’en 754. Bientôt l’abbaye s’appelle St germain et devint la sépulture des rois, princes et reines de la dynastie mérovingienne. En 1239 Simon, Abbé de St Germain fit des fortifications, autour se développe un bourg où il fait bon vivre. Très actif au XIIème siècle.
1174 charte des privilèges.
1250 charte d’affranchissement.
Bénédictins: à partir du VI eme siècle ils multiplièrent les abbayes, qui constituaient de vastes exploitations rurales autonomes. Les abbayes déjà existantes prirent la règle de St Benoît considérée comme une avancée pour la vie des moines.
Règle de St Benoît: équilibre et sagesse.
L’oisiveté est l’ennemi de L’âme.
La journée est divisée en plusieurs parties. Une pour le travail des mains, une autre pour la lecture les prières et méditation. Le moine doit s’efforcer d’acquérir les vertus du parfait chrétien: vertus théologales (foi, espérance, charité) et vertus morales (humilité, amour du silence, obéissance, charité fraternelle) Règle tenant compte des tempéraments individuels et des circonstances en même temps que les exigences dubien commun.
ST Benoît de Nursie: Patriarche des moines d’occident.
Gabelle: impôt qui oblige chaque famille à acheter une quantité de sel déterminée, environ 4, 5 Kg par personne. Le prix de vente est augmenté d’une taxe qui alimente le Trésor royal. Le sel est stocké et contrôlé avant la vente dans des magasins appelés «greniers à sel. Ces greniers sont gérés conjointement par des marchands et des officiers royaux.
MONTFORT situé en Ile de France se trouve en pays de grande gabelle; C’est là que les droits sur le sel sont les plus lourds.
La gabelle est très impopulaire, les fraudes sévèrement punies, la contrebande du sel conduisait aux galères.
La gabelle sera supprimée en 1790 par l’assemblée constituante.
Fief: domaine concédé par le Seigneur à une personne qui devient son vassal, celui-ci lui doit divers services en contre partie.
Système féodal: forme d’organisation qui à partir du VIIIème siècle caractérise la vie politique et sociale de l’occident.
Le haut Moyen-Âge ne connaissait d’autre richesse que la terre aux mains des grands propriétaires. Son exploitation reposait sur le travail servile (esclavage). La disparition de l’esclavage moralement condamné par l’église, conduisit les propriétaires à procéder à des concessions sous contrats qui ont tendu à devenir perpétuels ou héréditaires. La propriété ne fut plus qu’un droit à exiger quelques services en retour.
En même temps, les prérogatives royales et services publics et les biens personnels étaient confondus. Seul le lien entre un homme et un autre jouait: le roi s’attachait par serment ceux dont il entendait se servir, et eux-mêmes procédaient de façon analogue, la VASSALITE.
L’insécurité résultant de l’effondrement de l’autorité centrale, aggravée par les invasions normandes, hongroises et sarrasines au IXème siècle inspira aux petits propriétaires de se placer sous la protection des puissants en leur cédant leurs terres. De même, la piété ou le désir de protection conduisirent beaucoup de personnes à se mettre sous la tutelle d’une église ou d’un monastère. Les évêchés, les abbayes et les prieurés du fait des dotations dont les seigneurs, rois et princes les avaient fait bénéficier étaient eux-mêmes des Seigneuries percevant des impôts et des revenus et rendant la justice.
Les donations et legs en espèces, en terres ou en revenus, à des abbayes, des évêchés, des églises furent considérables tout au long du Moyen-Âge. Certains agissaient par pur détachement évangélique, pour le service des pauvres notamment; d’autres en accomplissement d’un vœu ou en pénitence de quelque faute grave ou crime; d’autres encore contre la promesse de prières après leur mort, pour le salut de leur âme. (Théo, encyclopédie catholique).
CE QUI EST ENCORE D’ORIGINE
Le puits: Il est d’origine mais il a été rénové.
Le cloître: avec 5 arches, les autres ont été rajoutées en 1968.
Une petite fenêtre qui donne sous le cloître.
Le pignon de la maison, côté cheminée.
L’Abies Pinsapo : Il aurait au moins 200 ans.
L’appendice: Le dernier bâtiment entre la maison et l’Eglise.
La disposition de l’appareil de pierres (disposées à 45°) montre que l’Eglise date du 12ème siècle.
Nous apercevons la fermeture de l’Eglise, depuis il y a des arbres qui ont été mis devant, il y avait, à l’époque des fenêtres qui donnaient sur le Prieuré.